Les caractéristiques personnelles de l'entrepreneur

Il faut maintenant s’assurer que ses caractéristiques personnelles sont compatibles avec l’activité.

Les qualifications ou diplômes requis pour une activité

Portez votre attention sur les conditions d’exercice de l’activité choisie. Si dans la majorité des cas, l’entrepreneur n’a pas besoin de diplôme ou d’expérience significative, il peut arriver qu’une activité soit réglementée.

Reportez-vous à la liste des activités réglementées présentes sur le site de BPI France création.

Les qualifications ou diplômes requis pour une activité

Assurez-vous qu'il dispose des prérequis de base pour aller plus loin dans la démarche de création. Sait-il lire, écrire, compter ? Si cela n’est pas le cas, il faut impérativement se rapprocher de structures qui pourront lui permettre d’acquérir ces connaissances (par exemple le GRETA …).  A défaut, vous pouvez lui proposer de se rapprocher de France Travail.

Demandez-vous également s’il a les compétences pour réaliser les prestations que les clients lui demandent ou pour savoir vendre les produits qu’il propose.

S’il a déjà travaillé dans ce domaine, il y a de fortes chances qu’il possède ces compétences. Si ce n’est pas le cas, demandez-lui s’il a des réalisations à présenter. Cette situation se retrouve souvent dans les activités artisanales (comme la menuiserie ou la décoration) et artistiques. L’entrepreneur a souvent des photos de ses réalisations. Cela permet de voir si le travail semble bien fait.

Que cela soit vous ou l’entrepreneur (quand celui-ci est présent au comité) ne pas hésiter à apporter les réalisations (ou de montrer des photos) pour un comité d’engagement. Les membres de la commission auront une meilleure idée de l’offre proposée (notamment si l’activité est peu connue ou pour pouvoir constater la qualité d’un produit).

S’il ne possède pas toutes les compétences, il devra suivre une formation complémentaire. Cette formation peut être technique (maçon, conducteur d’auto-école …), dans la vente ou dans la création d’entreprise.

L’environnement de l’entreprise et de l’entrepreneur

 L’entourage est primordial dans la création d’entreprise.

Il est essentiel de s’assurer que les principaux membres de sa famille soient au courant du projet et le soutiennent, notamment le conjoint. En effet, la création va avoir des incidences importantes sur la situation sociale, financière et patrimoniale du couple. L’entrepreneur va peut-être engager son patrimoine. Il risque de perdre une partie de ses revenus. Une discussion entre les conjoints peut être fort utile pour les projets futurs.

  Faîtes une évaluation du reste à vivre de l’entrepreneur. Identifiez les futurs revenus et listez l’ensemble des dépenses du ménage. Faites le calcul mois par mois :

Revenus :

  • Prélèvement de l'exploitant.
  • Allocations chômage/RSA.
  • Revenus professionnels du conjoint.
  • Allocations familiales.
  • Allocations logement.
  • Autres revenus (pensions…)

Dépenses :

  • Loyers habitation.
  • Prêt immobilier (échéance).
  • Prêt personnel (échéance).
  • Taxe (habitation, foncière).
  • Impôt sur le revenu.

Total revenus du foyer : A

Solde du reste à vivre mensuel : A - B

Total dépenses du foyer : B

Il faut également tenir compte de la situation financière l’entrepreneur.

Il faut lui demander s’il peut obtenir un prêt bancaire, en d’autres termes, il faut savoir s’il est fiché à la banque de France (FICP - Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers), interdit bancaire, en situation de surendettement ou en interdiction de gérer.

Être interdit bancaire ne pose en soit aucun problème pour créer une entreprise. Mais cela peut empêcher le financement. Certaines banques peuvent se montrer réticentes à financer mais aussi à ouvrir un compte bancaire professionnel.

L’entrepreneur peut hésiter à expliquer sa situation financière, ce qui est une chose normale. Au lieu de demander directement dans quelle situation il se trouve, il est possible de présenter les différents financements ainsi que leurs critères d’obtention. Certains de ces critères sont par exemple de ne pas être interdit bancaire. Il devra alors parler de sa situation financière.

Votre rôle de conseiller n’est pas d’éplucher les relevés de compte mais vous pouvez le prévenir que les banques, voire certains financeurs solidaires, les lui demanderont afin d’avoir une idée précise de ses revenus et dépenses.

Que faire si l’entrepreneur a déjà créé une entreprise par le passé ?

Il faut lui demander une attestation de mise à jour du paiement des cotisations sociales. Cette attestation permettra 3 choses :

  • de voir si l’entrepreneur est en règle. S’il a encore des dettes d’une précédente affaire, cela peut donner des indications sur la personne (qualité de gestionnaire, transparence …) ;
  • d’éviter que les caisses sociales ne lui demandent de tout payer lors de son immatriculation ;
  • de le prévenir qu’il risque de ne pas bénéficier d’exonération de cotisations sociales dans le cadre de l’ACRE.

Si la création s’est soldée par un échec, l’entretien peut être l’occasion de lui en expliquer les causes pour qu’il puisse en tirer une expérience positive.

 Il faut ensuite voir si la création d’entreprise sera compatible avec l’organisation familiale et les aspirations de chacun. Sera-t-il possible d’élever les enfants, de partir en vacances, de partir en week-end ? …  L’entrepreneur veut-il privilégier quelque chose ? A-t-il quelqu’un dans son entourage pour l’aider à s’organiser ?

Les horaires d’ouverture sont relativement larges. Il faut être capable d’assurer de telles charges de travail. Cet aspect est souvent mis en avant par les financeurs.

Le soutien de la famille peut être à différents niveaux : financier, technique, conseil, soutien moral.

 En plus des compétences et des diplômes requis, il existe d’autres contraintes juridiques pour se lancer dans la création : l’interdiction d’exercer des opérations commerciales aux membres de certaines professions, la nationalité, l’âge …

 Vérifiez les conditions sur BPI France création.

Quelles sont les missions d'un entrepreneur ?

  • Tout d'abord, faire son métier : maçonner, peindre, conseiller ... il s'agit de la fonction production.
  • C'est aussi gérer la partie commerciale, la relation avec les clients, prospecter, convaincre, négocier, vendre, etc...
  • C'est aussi gérer l'entreprise au quotidien, être capable de suivre les indicateurs économiques et veiller à respecter les obligations légales. Il s'agit d'une fonction administrative et comptable.
  • Et selon la nature de l'activité, cela peut être aussi une fonction achats ou encore une fonction management et ressources humaines.

Pour mener à bien ces missions, cela va nécessiter des compétences. Il faut distinguer les savoir-faire des savoir-être, parfois appelés soft skills.

  • Les savoir-faire c'est par exemple négocier, convaincre, élaborer un plan média mais aussi les compétences techniques dont nous avons parlées dans la partie sur les prérequis.

Questionnez-le sur son expérience en matière de vente. A-t-il déjà vendu quelque chose ? Demandez des exemples précis. Demander quels résultats il ou elle a obtenu. Si ce n’est pas le cas, comment va-t-il s’y prendre ? On ne s’improvise pas vendeur. Sensibilisez-le à l’importance de se former.

  • Les savoir-être c'est être tenace, persévérant, curieux, avoir la capacité à rebondir après un échec ou un refus par exemple. C'est aussi l'autonomie, la capacité d'écoute, l'organisation, la capacité à demander de l'aide, la gestion du stress ...

L'entrereneur n'a pas besoin d'être expert dans tous les domaines, mais il doit savoir comment compenser ses points faibles (formation, associé, prestataire, etc.).

Comment identifier ses compétences ?

Reprenez ses expériences professionnelles et ses expériences personnelles (associatives, culturelles, sportives par exemple), listez les missions et les activités qu’il a réalisées et pour chaque mission, il va identifier les compétences qu’il a mis en œuvre.

Ce travail peut être dans le cadre d'un bilan de compétences.

3 autres points peuvent être abordés dans le cadre des caractéristiques du l’entrepreneur.

Le premier point concerne la compatibilité entre l’état de santé de l’entrepreneur et l’activité qu’il souhaite créer.

Ce dernier peut en effet souffrir d’un handicap qui n’est pas compatible avec la création d’entreprise (ex : une personne souffrant du dos souhaitant s’installer dans le transport de colis.

Pendant combien de temps pourra-t-il exercer cette activité avant de se rendre compte qu’il ne peut plus soulever les colis les plus lourds ?).

Parler du handicap, c’est rendre possible :

  • Un regard sur l’adéquation entre l’activité envisagée et le handicap.
  • La mobilisation des partenaires pertinents.
  • La recherche de solutions concrètes.

Un mémo à l’usage des conseillers BGE est disponible dans TOUTADOC.

Il répond aux questions suivantes :

  • à quel moment parler du handicap ?
  • comment parler du handicap ?

 Il liste les questions possibles à poser à un entrepreneur mais aussi les contraintes d’un handicap et leur impact sur ce dernier.

France Travail peut, sous certaines conditions, prendre en charge totalement ou partiellement, des frais d’apprentissage du permis de conduire. Attention : l'aide est attribuée dans la limite des enveloppes budgétaires disponibles qui varient en fonction des régions.

Un financement peut également être fait par le biais du CPF.

Le deuxième point concerne le permis de conduire.

En effet, certaines activités nécessitent d’avoir le permis de conduire (par exemple les activités de livraison à domicile ou encore les artisans pour se déplacer chez les clients). Il peut être intéressant de demander à l’entrepreneur s’il le possède ou s’il n’a pas de suspension de permis. Cet élément pourra être demandé par des financeurs pour le déblocage des fonds.

Le troisième et dernier point concerne le contrat de travail. L’entrepreneur doit s’assurer qu’il n’y a pas de clause d’exclusivité ou de non concurrence dans son contrat de travail.

  • La clause d'exclusivité interdit d'exercer une autre activité professionnelle, qu'elle soit salariée ou indépendante. Si une telle clause figure dans son contrat, il doit vérifier qu'elle est bien valable juridiquement. Point important : pendant la première année qui suit la création de l'entreprise, cette clause d'exclusivité ne s'applique généralement pas.
  • La clause de non concurrence. Contrairement à la clause d'exclusivité, elle peut continuer à produire ses effets après le départ de l'entreprise. Elle peut lui interdire, pendant une période déterminée, d'exercer une activité similaire auprès d'un concurrent ou même pour sa propre entreprise.