Les motivations de l'entrepreneur

Les motivations sont le point de départ de tout projet de création d'entreprise. Votre rôle n'est pas de juger ses motivations mais de comprendre ce qui le pousse à créer son entreprise et à l'aider à prendre du recul.

 Il faut vérifier que ses motivations sont bien en adéquation avec les différents aspects et contraintes du métier mais également avec la réalité du terrain.

Ce travail sur les motivations est fait avant tout pour lui-même, pour l’aider à le conforter dans son projet ou au contraire lui faire apparaître des failles dans son projet. On ne le fait pas seulement pour préparer un passage en commission.

En créant son entreprise, on ne gagne pas forcément de l’argent :

il faut d’abord payer les factures de l’entreprise avant de se rémunérer.

En créant son entreprise, on ne gagne pas forcément de l’argent :

il faut d’abord payer les factures de l’entreprise avant de se rémunérer.

En créant son entreprise, on ne gagne pas forcément de l’argent :

il faut d’abord payer les factures de l’entreprise avant de se rémunérer.

Rechercher les motivations qui poussent l’entrepreneur à se lancer permettra de vérifier le degré de volonté, d’ambition, d’énergie qu’il est prêt à consacrer à son projet :

  • La création est-elle un choix (il démissionne pour se lancer dans une activité qui est une passion ou il souhaite développer une activité complémentaire à son statut de salarié) ou une obligation (cela fait plusieurs années qu’il recherche un emploi mais il ne trouve pas) ?
  •  Est-il le véritable porteur du projet ? : il arrive que le conjoint qui est salarié pousse le créateur à se lancer dans le commerce pour ramener des revenus complémentaires ou pour simplement s’occuper. Les parents peuvent également pousser leur enfant pour que celui-ci crée son propre emploi.

Lorsqu’on se retrouve dans cette situation, il n’est pas toujours facile d’entendre la personne concernée par le projet. Il faut savoir faire preuve de tact et de patience.

Voici quelques astuces possibles à utiliser :

  • ne regarder que la personne concernée et se détourner du conjoint ou du parent même si c’est lui qui parle.
  • prendre rendez-vous quand le conjoint ou le parent n’est pas disponible.
  • s’ils ne peuvent pas venir séparément et que les entretiens sont difficiles à réaliser, demander à l’accompagnant de rester dans la salle d’accueil.
  • Son idée est-elle stable ? Sauf si son projet initial n’est, à première vue, pas rentable, l’entrepreneur ne doit pas venir à chaque rendez-vous avec un nouveau projet en tête. Il doit rester relativement stable dans son projet. Toutefois, rien ne l’empêche de faire évoluer son projet en fonction de l’étude de marché ou des conseils de son environnement.

Une motivation peut évoluer au fil de l'accompagnement. Les échanges doivent lui permettre de prendre du recul et de confirmer ou d'ajuster son projet.

Une forte motivation ne garantit pas la réussite d'un projet. À l'inverse, une motivation prudente n'est pas un frein si le projet est bien préparé.

L’entrepreneur a-t-il (eu) une stabilité dans sa vie professionnelle ?

Lorsqu’un dossier passe devant une commission de financement (prêt d’honneur, subvention ou une banque), cette dernière regarde toujours le CV de l’entrepreneur.

Elle analyse l’ensemble des expériences professionnelles qu’il a eu et des formations qu’il a pu suivre.

Le fait d’avoir travaillé dans plusieurs entreprises peut être révélateur des motivations l’entrepreneur dans son travail ou d’une certaine lassitude dans une activité. Qui peut dire qu’il n’arrêtera pas l’activité au bout d’un an ?

Dans ce cas, la commission peut refuser de financer le projet.

Attention :

  • Cette analyse est de moins en moins vrai. En effet, les modèles de plan de carrières professionnelles ont évolué ces dernières années. Auparavant, les salariés « traditionnalistes » pouvaient sans problème imaginer et réaliser la totalité de leur carrière dans la même entreprise. Les changements de postes ou d’entreprises sont plus courants pour rechercher l’épanouissement personnel.
  • Cette analyse ne fonctionnera pas non plus si l’entrepreneur a subi des fins de contrat (CDD ou intérim) dans une même activité. Dans ce cas, sa situation précaire doit être mise en avant dans le dossier.

Il est important de demander le CV dès le début de l’accompagnement. Ce sera l’occasion de le questionner sur ses différentes expériences professionnelles pour ne pas être déstabilisé devant une commission où vous pourriez présenter son dossier (sans réponse à certaines questions, le dossier pourrait être ajourné).

Il faut penser à demander les dates précises des contrats et les raisons des changements d’emploi (fin de CDD, licenciement, démission …).

Si l’entrepreneur refuse de donner son CV, signalez-lui qu’il ne passera pas en commission de financement.

S’il n’a pas de CV et qu’il est demandeur d’emploi, on peut lui rappeler que France Travail, les missions locales ou les Points Information Jeunesse (PIJ) proposent gratuitement de rédiger leur CV.

Quelles questions puis-je poser ?

Voici des exemples de questions à poser.

Laissez des silences. Ils permettent souvent à l'entrepreneur de développer sa réponse.

Reformulez régulièrement pour vérifier votre compréhension.

  • Pourquoi souhaitez-vous créer votre entreprise ?
  • Pourquoi maintenant ?
  • Depuis quand avez-vous cette idée ?
  • Comment cette idée est-elle née ?
  • Etc.
  • Qu'est-ce qui vous motive le plus ?
  • Qu'attendez-vous de cette entreprise ?
  • Qu'est-ce qui vous rendrait satisfait dans quelques années ?
  • Si vous pouviez choisir entre un emploi salarié qui vous plaît et votre projet, que choisiriez-vous ?
  • Etc.
  • Votre projet a-t-il évolué depuis le début ?
  • Qu'est-ce qui vous a amené à faire évoluer votre idée ?
  • Avez-vous envisagé d'autres activités ?
  • Etc.
  • Qui est à l'origine de cette idée ?
  • Qui vous encourage à créer ?
  • Votre entourage est-il favorable au projet ?
  • Etc.
  • Selon vous, quelles seront les principales difficultés ?
  • Quelles contraintes avez-vous identifiées ?
  • Quelles sont les tâches qui vous plaisent le moins ?
  • Etc.